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Critique du film Sweeney Todd - The Demon Barber of Fleet Streetvf: Sweeney Todd - Le diabolique barbier de Fleet Street L'iconoclaste Tim Burton reprend du service pour Sweeney Todd : The Demon Barber of Fleet Street, une œuvre qui porte entièrement sa marque de commerce... pour le meilleur et pour le pire.
Dans le Londres du 19e siècle, un barbier (Johnny Depp) cherche à se venger de la mort de son amour et de la disparition de sa fille. Avec l'aide d'une femme peu recommandable (Helena Bonham Carter), il assassine en égorgeant cruellement des gens de la bourgeoisie, et se sert ensuite de leurs cadavres. Son but ultime est de s'en prendre à l'influent juge Turpin (Alan Rickman) qui a littéralement détruit sa vie. Toutes les deux années depuis presque une décennie apparaît un nouveau Tim Burton sous le radar. L'homme qui a connu ses meilleurs faits d'armes il y a quelque temps (Ed Wood, Edward Scissorhands) est dans une passe pas toujours inspirée. En attendant le remake de son propre Frankenweenie et son adaptation d'Alice in Wonderland, il crée un beau dessin animé en Corpse Bride en s'inspirant un peu trop sur The Nightmare Before Christmas et il offre des variations sur Charlie and the Chocolate Factory et Planet of the Apes. Sa fascination pour les reprises continue avec ce Sweeney Todd. Au départ, il s'agit d'un réel fait divers survenu à l'époque victorienne qui a donné naissance à quelques films. Dans les années 1980, Stephen Sondheim en a tiré une pièce musicale sur Broadway, un énorme succès qui a influencé de nombreux réalisateurs, dont monsieur Beetlejuice. Cet effort qui attirera assurément les projecteurs sur lui ressemble beaucoup à son Sleepy Hollow. L'accent a été mis sur cette atmosphère gothique suffocante et cette récréation magistrale de l'époque. Comme d'habitude chez Burton, les décors sont géniaux, bercés par des milliers de détails significatifs. Et pour une rare fois, la violence et le sang coulent à flot. Pourtant, derrière ce très bel exercice de style, le long métrage tourne souvent à vide. Les numéros musicaux, d'un humour noir palpable, ne font jamais réellement avancer le récit. Au contraire, le rythme est souvent ankylosé en raison de ces situations répétitives et de ces beaux chants qui, contrairement à un supérieur Moulin Rouge, finissent par lasser. Le scénario bat parfois de l'aile étant donné l'unidimensionnalité des personnages. D'un côté, il y a des acteurs parfaits. D'un Johnny Depp plein de remords à une hilarante Helena Bonham Carter en passant par l'éternel méchant Alan Rickman et un Sacha Baron Cohen qui fait le cabotin à outrance, l'interprétation ne manque pas de mordant. Sauf qu'ils défendent souvent des êtres peu nuancés. Sweeney Todd est loin de s'inscrire parmi les meilleurs opus de son auteur. Sa photographie majestueuse, ses acteurs parfaits et ses numéros chantés ne manquent certainement pas de piquant, sauf qu'il n'y a pratiquement rien d'autre à se mettre sous la dent. Au lieu de soigner inutilement sa mise en scène, mieux vaut peut-être dorer son rythme et son scénario pour les rendre les plus substantiels possible.
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